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Chaque photographie est le produit d'un projet précis, d'une préméditation parfois longue, d'un repérage, et enfin d'un voyage in situ pour la réaliser, puis d'une construction, d'une mise en scène d'un espace très précis. Si certaines prises de vues semblent cohérentes entre elles, chaque œuvre est ponctuelle. L' imprévisible réside dans l'émergence d'un concept au départ, nullement dans sa réalisation.
Enfin la question obsessionnelle qui se dégage de ce travail est celle de savoir ce que couvre l'image d'une réalité. Celle-ci ne correspond jamais au réel considéré comme définitivement inaccessible dans sa totalité. En ce sens, Séroux ne « prend » jamais de photographies comme un reporter le fait. Il « fait » des photographies comme on "fait" du dessin, avec grande précision.
Le 7 Mars 2017, une immense arche calcaire sur la mer, apparue probablement au XIXe siècle, s'effondre dans la méditerranée. Elle était devenue emblématique de la beauté sauvage de l’île de Gozo, dans le nord de l’archipel de Malte. Sous l’effet d’une tempête qui faisait rage depuis plusieurs jours sur cette côte, toute la structure s’est effondrée le mercredi matin, sans faire de victime. Séroux se rend sur place et fait ces photos le lendemain, un travail à propos de la disparition.
Eclipse solaire totale du 9 mars 2016
eu lien entre 09:51:40 et 09:54:19 heure locale à Ternate
dans les Iles Moluques du nord en Indonésie.
Ce fut la 10e éclipse totale du XXIe siècle et le 12e passage de l'ombre de la Lune sur Terre du siècle.
Séroux fut un "chasseur d'éclipse" pendant quelques années ce qui est caractéristique de sa façon de voir la photographie et la vie en général. Tout commence par des rendez - vous. Une heure très précise, tel jour à tel endroit. Cela va se passera là. Et puis... La vie c'est aussi ce qui arrive
lorsqu'on avait prévu autre chose. Témoigner de ça.
Portraits littéraires français / Projet French Theory
Une victoire française
Le contenu de ce travail ne suit aucune direction définie, ni sur la forme, ni sur le fond. Impossible dès lors de les rassembler sous un label général, un genre ou une catégorie formelle. Les photographies procèdent aussi bien du voyage que de l'infra-mince, de l'onirique que du concret, du monumental que du fugitif, de l'humain que du cosmique. Seule l'attitude conceptuelle dont elles procèdent peut être tracée et documentée une fois mises en relation avec d'autres œuvres. Le sens dépend du contexte.
Le résultat visé peut être, paradoxalement, de produire un sentiment de spontanéité et de coïncidences. Partout la rencontre se conçoit comme une exubérance de « ce qui arrive » et ne doit rien au hasard. L'esprit est proactif face au réel avec lequel s'organise des « coups », comme de se rendre un jour précis à un endroit précis pour saisir une éclipse totale de soleil par exemple. Aucune place n’est laissée à l’hésitation, au petit bonheur la chance. Le travail ne procède pas d'un esprit vacant. Il ne s'agit pas d'une chasse ouverte mais d’une construction méticuleuse. La photographie ici assume la préméditation radicale.
La route nationale 40 traverse le pays du nord au sud, depuis le cap Virgenes à l'extrême sud de la Patagonie à La Quiaca à la frontière bolivienne . Elle court parallèlement à la Cordillère des Andes. Elle commence en Patagonie au niveau de la mer et s'étend sur environ 5 000 km, traversant 20 parcs nationaux, 18 cours d'eau importants, reliant 27 cols andins. Elle culmine à 4 895 mètres au niveau du col d'Abra del Acay dans la province de Salta.
Londres en français dans le texte est une petite ville de Patagonie située dans le département de Belén en province de Catamarca. Elle se trouve sur la route nationale 40 au pied des sierras del Shincal, a 1.558 mètres d'altitude sur le río Quimivil. Ce fut la première ville fondée par les espagnols (en 1558) dans cette province de Catamarca et la seconde sur le territoire actuel argentin, après Santiago del Estero. Elle fut fondée sous le nom de Londres de la Nueva Inglaterra, en hommage à Londres, la ville natale de la reine Marie Tudor (« Marie la Sanglante »), épouse du roi Philippe II d'Espagne.
Des confrontations improbables, fussent elles infinitésimales s'organisent entre la rencontre entre un glacier argentin et une prise électrique ou entre une pomme et un oiseau mort. A ce titre, il s'inscrit parfaitement dans l'esprit des juxtapositions de sens, porteur d'associations dont le fin mots s'affirme après la collision. Séroux offre au curateur la possibilité de filer certaines associations, et de conjuguer à son tour des clichés avec d'autres productions artistiques ou non.
Séroux produit peu de tirages, en triptyque le plus souvent, ou isolés. Ses clichés peuvent donner lieu à des séries qui sont précisément organisées sur le plan formel comme sur le plan signifiant.
La cohérence ou la signification des groupes de clichés qui sont présentés sur ce site ne présume en rien du sens que ces mêmes tirages prendront ensuite dans d'autres assemblages. Le sens reste imputable au curateur d'une part, qui les contextualisera, et au spectateur d'autre part, qui en assimilera les éléments selon sa sensibilité.
Le travail sous forme d'assemblages manifeste de la force qui sous-tend les organismes vivants : elle est d'autant plus vive que les composants s’y conjuguent avec l’énergie de leur environnement.
Aucun moment ne s'impose. Ce n’est jamais le « moment favorable », ce kairos classique, qui donne le signal de la chose à faire. Pour être là, il a fallu y penser, repérer l'action, choisir le lieu, l'heure, y revenir, déterminer la lumière et l’angle de vue, la chose à voir et enfin agir au moment voulu. Agir vite, ou agir lentement - c'est la vue de l’esprit qui impose sa temporalité et non la chose à capter. La photographie atteint alors la chose vue dans toute sa singularité. Elle dit ce que le photographe à choisi de donner à voir.
Chercher à faire « LA » photo. Si elle aboutit, c'est à dire si elle touche quelque chose hors du connu, hors du compréhensible, c'est en dépassant la maîtrise de sa préparation. L'excitation qui en découle, produit un cliché qui transcende l'essence d'une volonté.
Si des choses s'imposent au regard en définitive, c’est qu’elles reflètent précisément l'esprit du photographe. Ce qu'il donne à voir n'est pas ce qui se voit le plus, mais ce qu'il a choisi d'aborder. Il voit comme voient les télescopes, orientés au millimètre près, avec un champ réduit à l'extrême des possibilités. Photographe d'angles morts et d'anfractuosités, de fin de partie et de pièces manquantes, de moments creux, l'image évite le sens écrasant qui empêchent l'esprit de se mettre à chercher.
Ici, cest l'inapparent qui importe.
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